Les élèves de la section anglophone participent à un voyage durant l’année avec la découverte d’une capitale et de son histoire culturelle. Des voyages à l’étranger sont régulièrement proposés ; pour l’’année 2016/2017, plusieurs destinations ont été retenues :

Londres

 

Dublin
Cologne
Saragosse
Rome
Le Train de la mémoire

Le dimanche 18 novembre 2016,15 élèves et leurs accompagnateurs se retrouvent gare Saint-Jean, pour rejoindre à Paris le Train de la Mémoire.

Ce « train special » initié par le prêtre de l’Oratoire et historien Jean Dujardin et par Notre Dame de Sion voici vingt ans, permet à des lycéens issus de 14 établissements, venus des quatre coins de France, de rallier Paris à Oswitzin (Auchwitz) en Pologne, afin de leur permettrent de s’engager, au travers du souvenir de la Shoah, dans une démarche fructueuse de réflexion.

À la gare de l’Est, Aurélie, Hugo, Alix, Manon et tout le groupe des Lasauquiens  découvrent les trains couchettes dans lesquels ils vont passer de longs moments.  C’est avec une certaine surprise qu’ils entrent dans le wagon qu’ils partagent avec les lycéens de Fénelon Sainte Marie. Ils s’installent à cinq par compartiment, casant aussi bien que possible leurs bagages et leurs provisions, découvrant le fonctionnement des couchettes et de la sonorisation.

Après une nuit dans le train, le lendemain matin, les voix de Chloé, Hermine, Luna, Salomé, Margaux, Clémentine et Charlotte retentissent dans chacun des compartiments de l’ensemble du train: » Gurs…..ce nom étrange, comme un sanglot qui ne sort pas de la gorge” selon les termes du poète, Louis Aragon ….Les voix de ces élèves de La Sauque se répondent pour évoquer l’histoire de ce « camp »installé en Béarn. Elles participent alors à l’une des premières émissions réalisées par les différents lycées, qui, diffusées depuis le wagon régie sono,  engagent tous les participants de ce colloque ambulant  dans l’analyse des  processus de mise en place de la barbarie nazie.

Dans les compartiments, certains jeunes écoutent très attentivement et prennent des notes, d’autres continuent une partie de cartes ou parfois coupent le son pour s’engager entre eux dans une discussion ou dans des conversations amicales….mais mesdames d’Avezac et Girard-Patrouileau veillent au sérieux de l’écoute!

Entre les différentes émissions radiophoniques, les jeunes se déplacent de wagon en wagon, vont chercher de l’eau chaude, font des connaissances, créent des liens d’amitié. Chloé et Charlotte engagent des interviews. Les Draps du Souvenir apportés par chaque lycée sont cousus ensemble par des mains diligeantes.
Arrivés à Oswieçin, après  une courte nuit passée dans les chambres confortables de l’hotel du Centre de Dialogue, tous les participants au Train de la Mémoire découvrent un paysage voilé de neige.

Tôt le matin, la longue file de lycéens s’engage à pieds, dans un très profond recueillement, sur la route du camp de Birkenau. Un élève en souvenir des nombreux membres de sa famille disparus dans ces camps de la mort, ouvre la marche, portant le Drap du Souvenir. Robin et Aymeric se succèdent et chacun leur tour, très respectueusement, prennent le relais. Ils sont nombreux tous ces jeunes sur cette route de campagne, pourtant, pas un mot n’est prononçé. Les fils de fer barbelés, le premier mirador crèvent soudain l’écran de neige fine qui enveloppe la marche silencieuse.  La porte de sinistre mémoire se découpe plus loin dans le halo laiteux, puis les rails, les barraquements, l’immensité, les ruines, les chambres à gaz, les crematoria, tous ces témoins inertes qui animent encore ce qui fut l’un des sites majeurs de la folle industrie du crime nazi.

Les pieds foulent le sol boueux, imprégné des cendres des victimes du génocide et de la barbarie nazie. Une guide évoque avec à la fois respect, pudeur et précision la nature des lieux et le souvenir des humains qui tentèrent de survivre à l’indiscible.

D’une façon tout à fait inattendue, près du plan d’eau, derrière le bosquet de bouleaux, notre groupe se fige brutalement dans un moment de profonde, d’intense communication, le silence est palpable, invisible lien entre les visiteurs et la réalité de ces lieux.

Tous les lycéens se retrouvent ensuite pour l’émouvante liturgie juive du Kaddish. Marie-Camille et Noé participent à la lecture des noms des disparus qui ont été confiés aux participants du Train de la Mémoire avant leur départ de France. Des lumignons sont placés au sol figurant le mot hébreu « zakhor »,  » souviens toi », « n’oublie rien! ». Les draps du souvenir sont lentement déroulés sur les rails de la rampe en un long linceul. Puis la foule des élèves refranchit peu à peu, progressant lentement le long des rails,les portes de la mort, vers la vie.
Grosse fatigue dans l’après-midi, dans les fauteuils de l’auditorium de la ville, les paupières s’affaisent insensiblement, certains élèves s’endorment…mais c’était sans compter l’humour et la verve du Rabbin, les touchants témoignages de la jeune responsable du centre de la petite communauté juive et de la religieuse de Notre Dame de Sion qui réaniment l’assemblée. Les élèves du Lycée St Erembert de Saint Germain en Laye terminent la soirée par une interprétation émouvante du livre de Zvi Kolitz: « Yossel Rakover s’adresse à Dieu ».

Après une nouvelle nuit confortable, la dernière journée est principalement destinée à la visite du camp musée d’Auchwitz 1 et ses macabres trophées, les cellules du pēre Maximilien Kolbe, le mur des fusillés. L’émotion est parfois difficile à contenir. Chacun, pénétré de l’importance de cette démarche inhabituelle, reste attentif à son voisin.

Le retour dans le train se fait joyeusement, chacun retrouve presque de vieilles habitudes. Des tables-rondes succèdent aux émissions radiophoniques. Des livres de maths, les cours de science ou de philo font par moment surface aux côtés des cartes à jouer et des confiseries. Alors que le voyage  s’étire en longueur, sans que la SNCF ne parvienne à préciser l’heure d’arrivée à Paris et à Bordeaux, le temps s’est arrêté dans une chaleureuse atmosphère, la bonne humeur et l’amicale complicité de ces Lasauquiens qui parfois poutant se connaissaient peu avant cette remarquable démarche du Train de la Mémoire.

Nous nous souviendrons. zakhor!


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